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Berlin/Trizac : La mémoire cisaillée d’Elisabeth et Géraud

Berlin/Trizac : La mémoire cisaillée d’Elisabeth et Géraud

La vie chaotique d’un journaliste de renom, cantalien de naissance et d’une pianiste Hongroise dans le Berlin de l’avant-guerre, témoins de l’apogée du nazisme avant de contribuer à sa chute. C’est leur fils, Pierre Jouve, journaliste lui aussi mais également écrivain, peintre, photographe et réalisateur de télévision qui conte cette histoire dramatique, qui troubla son enfance, à l’occasion d’une création présentée aux Ecuries des Carmes jusqu’au 15 septembre.

Est-ce une nouvelle quête de la réalité que nous présente Pierre Jouve, ancien élève d’Emile Duclaux, en cet été 2019 ? Dans ses écrits, ses portraits, ses enquêtes, ses photographies, ses toiles, l’auteur et artiste montre la réalité des choses et moins les apparences. Dans ses portraits de François Mitterrand à Jacques Chirac, dans ses enquêtes sur et autour du monde carcéral et de la Brigade criminelle, dans les photographies réalisées dans les rues de Paris « Marianne brisée », exposées en France et en Allemagne cette volonté de faire éclater la réalité est là, bien présente.
Oui, sans aucun doute, cette création de Pierre Jouve est aussi la recherche d’une vérité, bien plus proche et plus intime que celles évoquées plus haut. Elle témoigne de ses origines, des doutes qui entourent sa naissance, dans un monde qui a sombré dans la tourmente. Elle relate le drame que lui dissimulèrent ses parents et plus particulièrement celui de sa mère, enlevée, torturée, violée par des agents vichystes, ce qui la fera tomber dans une semi-folie. Tout au long de son existence, l’auteur fut victime des fantasmes, des fantômes, nourris par ces drames. Aujourd’hui, Pierre Jouve a décidé de nous les montrer, de les rendre public au cœur même du Cantal qui joue un rôle si central dans cette histoire.

Questions à Pierre Jouve :

Vos écrits, en particulier vos portraits et vos enquêtes, mais aussi vos photos montrent une quête incessante de la réalité. Est-ce que l’on peut dire que cette volonté trouve son origine dans votre enfance, dans ce sentiment que vous appelez « indistinction », véritable incertitude d’être réellement vivant?

– Ma génération, née en pleine guerre mondiale, s’interroge toujours sur une double interrogation : pourquoi avoir été conçu dans une telle époque ravagée ? Quel hasard a fait que je survive à tant de morts ? Les quelques poupées que je recrée par la photographie représentent ces derniers : elles ont l’air vivantes, elles sont mortes, nous suivent, nous les survivants. C’est effectivement ce que je dénomme l’Indistinction. Un sentiment qui se perpétue encore.

Cette enfance, vos interrogations, les « fantômes de votre comédie humaine », vous les mettez en scène cet été à Aurillac sous le titre « Berlin/Trizac, La mémoire cisaillée d’Elisabeth et Géraud ». Cette création est-elle le résultat de votre quête, un moyen de vivre avec les questions qui vous tourmentent et était-il important pour vous de les montrer dans le Cantal, un département qui fait aussi partie de votre enfance?

– J’ai eu la chance inouïe d’être l’enfant accidentel de deux personnalités extraordinaires, un cantalien pur souche, Géraud, issue de la grande misère paysanne, et d’une pianiste hongroise d’origine juive, qui choisirent la Résistance, après leur séjour mystérieux à Berlin, au sein même du régime nazi. D’où ma sensation duale d’être né aussi bien à Trizac qu’à Berlin. D’un côté ces terres fastueuses, de l’autre la capitale du mal. Dualité d’origine, dont l’une porte la menace concrète ou imaginaire. A Berlin, j’ai recherché des ombres, à Aurillac, je recherche aussi mes anciens copains du Lycée Emile Duclaux.

 

ECURIES DES CARMES – Du mardi au samedi de 14h à 18h – Gratuit

 

A l’occasion du Festival 2019, Emilie Girault présente

« Berlinesque 2019 », une performance en dialogue avec l’exposition de PIERRE JOUVE 

Dans son exposition Pierre Jouve écrit : « En 1933, mon père abandonne une actrice berlinoise juive pour ma mère. Mon père traîna jusqu’à sa mort, en 1991, le remord profond de ne pas s’être inquiété du devenir de cette jeune femme »…
Qu’est devenue cette actrice? A-t-elle survécu, a-t-elle été déportée, détenue, tuée ? Et avant même la grande histoire, a-t-elle souffert de cette séparation, espérait-elle le revoir, pensait-elle souvent à lui ou s’était-elle consolée dans les bras d’un autre homme? Dans ses oeuvres, Pierre Jouve imagine les possibles réponses à ces questions, spéculant sur l’identité de cette amante et son devenir.

Pendant le Festival d’Aurillac, il s’agit de faire revivre cette femme, Sonia, au sortir de cette fameuse séparation, imaginant une situation poétique et romantique contrastant avec la violence de ce que deviendra le monde à partir de 1939. Éperdument amoureuse, l’actrice attend le retour de son amour, elle relit ses lettres, tente d’en écrire une qui le retienne, le cherche parmi le public du festival et les visiteurs de l’exposition, se remaquille dès qu’elle croit l’apercevoir, attend, rêve, désespère, puis se maquille de nouveau pleine d’espoir.

La loge de l’actrice devient peu à peu sa prison, l’enfermement un poids… le temps passe et les fleurs se fanent, les fruits perdent de leur fraîcheur, tout comme notre actrice dont le maquillage tourne petit à petit au grotesque.

Du 21 au 24 août aux Ecuries – Gratuit

© Dessin préparatoire Emilie Girault

Caractères

Caractères

Cette année l’exposition temporaire des musées d’Aurillac propose de (re)découvrir de nombreux portraits saisis par les trois générations de la famille Parry, installée à Aurillac entre 1885 et 1971 et dont le fonds d’atelier est conservé au musée d’art et d’archéologie depuis 1989.
Le portrait photographique tient une place primordiale en photographie depuis l’invention de ce médium. L’exposition conçue par les Musées d’Aurillac propose aux visiteurs de découvrir ce genre et de s’interroger sur ce qui se cache derrière le cortège de visages fixés par l’objectif du photographe. Ces portraits, miroirs d’individualités, participent en effet à l’expression d’une société et de son époque ; ils en révèlent les évolutions comme les particularités et les similitudes. Ils la caractérisent..

                                 

Les photographies sont présentées de manière chronologique, des premières années d’existence de l’atelier (1885) au musée d’art et d’archéologie aux dernières années de production (1970) au muséum des volcans. Une signalétique par année permet au visiteur de descendre ou de remonter le temps suivant l’établissement qu’il parcourt en premier.

Le propos d’exposition
Les tirages d’exposition sont réalisés d’après les clichés datés de l’atelier photographique fondé par la famille Parry. Ce fonds d’atelier, acquis en 1989 par la ville d’Aurillac, regroupe la production de trois générations de photographes d’une même famille exerçant dans la même ville pendant plus de 85 ans – entre 1885 et 1970 – (Léger Parry 1856-1921, son fils Émile 1888-1940, et son petit-fils Pierre 1920-1997). Malgré le caractère conventionnel et répétitif de ces clichés, comparables à ceux d’un bon nombre d’ateliers, le fonds photographique Parry livre au travers de portraits individuels ou collectifs un album au fort intérêt local mais qui illustre également l’évolution de la pratique photographique ainsi que le rapport de l’individu à son image.

La sélection, réalisée sur toute la période d’activité de la famille Parry, permet d’aborder le genre du portrait, sa typologie, son évolution ou encore sa fonction sociale. Au total, l’exposition dévoile 1 % de ce fonds, soit près de 520 tirages sur les 52 000 conservés.

                                                                                         

Espaces d’expérimentation
Au sein des salles d’exposition deux espaces d’expérimentation vous donneront également l’occasion de découvrir tout sur la thématique du portrait et sur la détermination des caractères identitaires et enfin, comprendre en quoi la photographie peut permettre tout autant l’expression artistique que la recherche scientifique.

L’atelier du photographe
Installé au musée d’art et d’archéologie cet espace complémentaire permet de présenter de nombreux objets de collection et témoignages concernant le fonds photographique Parry.
Le matériel d’atelier acquis en 1989, plusieurs fois exposé, est complété par les derniers objets acquis en 2014 avec notamment la grande chambre noire utilisée à la fondation de l’entreprise familiale. Afin d’illustrer le quotidien d’un atelier de photographie ainsi que le métier de photographe et ses évolutions, sont également présentés les différents types de négatifs, les petites fournitures ou encore la chimie nécessaire pour le tirage des clichés. Une zone explique également les procédés actuels de conservation et de reconditionnement, mais aussi de valorisation et de numérisation grâce à la création de la bibliothèque numérique de la ville d’Aurillac. Elle détaille le travail de conditionnement et d’étude des structures muséales accompli par les équipes quotidiennement dans l’intimité des réserves. Il s’agit en effet dans cet espace, d’expliquer au public les missions des musées sur les questions d’enrichissement des fonds muséaux mais aussi celles touchant à leur gestion, leur conservation et leur valorisation.

La famille Parry

C’est en 1880 que Léger Parry (1856-1921) s’installe au 39 de l’avenue de la gare (aujourd’hui avenue de la République). Il photographiera nos aïeux pendant de nombreuses années, suivi par son fils Émile (1888-1940) à la fin de la Grande Guerre puis par son petit fils Pierre (1920-1997). L’atelier est situé au dernier étage de l’immeuble, sous une verrière qui laisse entrer la lumière du jour. C’est dans cet atelier, reconstitué pour les besoins de l’exposition, que seront réalisés des milliers de portraits.

Images du vernissage : le 5 avril 2019

 

DOUBLE JEU

Double jeu aux Ecuries jusqu’au 3 novembre

L’exposition Double Jeu présente une sélection de plus de cinquante oeuvres de la collection du FRAC Auvergne (Fonds Régional d’Art Contemporain) réalisées par une vingtaine d’artistes. Les oeuvres réunies pour le Musée d’Art et d’Archéologie d’Aurillac occupent les deux vastes salles symétriques des Écuries, renforçant cette disposition par un « double jeu », chaque salle étant elle-même scénographiée de manière symétrique.
Le double jeu dont il est question dans le titre de cette exposition est aussi – et surtout – celui du regard que nous portons sur les oeuvres, celui de l’ambiguïté du sens toujours présente lorsqu’il s’agit de lire une œuvre d’art, d’en produire une interprétation. Comment interpréter l’étrangeté des œuvres de David Lynch présent dans cette exposition avec quatre gravures, art du 18e siècle ici employé par l’un des maîtres incontestés du cinéma pour livrer une autre dimension
de son univers si singulier ?
Comment lire de manière univoque la danse sublimement filmée par Clément Cogitore, inspirée du hip-hop et du krump mais exécutée sur un air du 18e siècle par des danseurs plongés dans un état proche de la catharsis chamanique ?
Comment lire cet autre film réalisé par Cyprien Gaillard dans lequel s’affrontent deux bandes de hooligans au milieu d’une cité de la banlieue de Saint-Pétersbourg dans un tumulte évoquant les grandes batailles de la peinture d’histoire ?
Ce que montrent les oeuvres réunies dans cette exposition est la permanence de formes anciennes, de citations, de références au passé qui, depuis toujours, ont constitué le terreau de l’acte de création car, en définitive, le « double jeu » est toujours celui de l’art actuel confronté à son incessant dialogue avec celui du passé.

Jean-Charles Vergne
Directeur du FRAC Auvergne

ATTENTION : A l’occasion de la dernière semaine d’exposition, les Ecuries des Carmes seront ouvertes du mardi 30 octobre au samedi 3 novembre de 14h à 17h. Elles seront fermées le jeudi 1er novembre.

Empreintes et paysages, photographies d’Albert Monier

Empreintes et paysages, photographies d’Albert Monier

Du 6 avril 2018 au 6 janvier 2019
Muséum des volcans

Albert Monier (1915-1998) est né à Savignat dans le Cantal et si sa famille s’est installée très tôt à Pont-Audemer dans l’Eure, il a toujours gardé des liens étroits avec sa région d’origine. Venu à la photographie amateur par l’intérêt qu’il portait depuis son enfance à la carte postale, Albert Monier arpente avec attachement et sensibilité les paysages normands et auvergnats. C’est seulement en 1950 après être devenu photographe professionnel, qu’il s’établit à Paris afin d’organiser sa production de cartes postales, cœur de son activité . Elle nous permet aujourd’hui de connaître le regard sensible et original qu’il portait sur les hommes et les lieux. Albert Monier aimait jouer avec les formes, les ombres et les lumières, mais aussi surprendre avec ses contrepoints et ses sujets humbles.

L’important fonds de tirages argentiques et de négatifs de travail qu’Albert Monier a cédé au musée d’art et d’archéologie d’Aurillac dans les années 1980 a permis une étude inédite de son travail. Le photographe imprime son style, sa vision aux sujets qu’il fixe sur la surface photo-sensible, sa photographie est ainsi artistique. Mais il se fait aussi observateur de son environnement dès lors qu’il immobilise les lieux et les choses à un moment précis, sa photographie devient témoignage. L’exposition proposée au sein du muséum des volcans vous invite à porter votre attention sur ce discours sous-jacent des photographies d’Albert Monier, empreintes d’impressions et de paysages.

Une sélection de 42 photographies parmi les négatifs d’Albert Monier conservés dans les collections du musée d’art et d’archéologie.

ATTENTION : cette exposition n’est accessible qu’aux nouveaux horaires d’ouverture des musées.

Vous pouvez consulter ici le livret d’accompagnement de l’exposition :

 

Figures de l’indicible

La Grande Guerre dans les œuvres de Thérèse Bisch

Au musée d’art et d’archéologie du 8 mars au 30 novembre 2018

Comme en 2014 à l’occasion de l’exposition « La mémoire préservée, une collection privée inédite, 1914-1918 », la Ville d’Aurillac a souhaité s’associer une nouvelle fois aux commémorations du centenaire en présentant une exposition de peintures. Cette dernière présente une trentaine de toiles de Thérèse Bisch, des tableaux et des dessins qui invitent le visiteur à une véritable immersion dans l’univers de la Grande Guerre avec ses « figures de l’indicible »

Les tableaux de Thérèse Bisch évoquent le conflit avec ses représentations de soldats aux visages flous, aux silhouettes évanescentes combattant dans la brume ou la fumée des bombes.

Une mise en scène intimiste dévoile une sorte d’allégorie figurée dans une fresque qui suggère plus qu’elle ne montre les réalités de ce conflit. Et comme le dit son ami Michel Melot « Peindre est une autre façon d’exorciser la guerre. Thérèse Bisch y a trouvé son champ de bataille. »

ATTENTION : cette exposition n’est accessible qu’aux nouveaux horaires d’ouverture des musées.

Image : Les tombes, 2014 – pigments et tempera sur toile marouflée 60 x 118 cm
© C.Septet

Exposition ENTROPIE !

Exposition ENTROPIE ! / La sellerie, espace photographique / Du 13 octobre au 16 décembre 2017

François nolorgues propose une série d’images sur la nature qui restitue une expérience photographique de l’entropie. sa démarche consiste à faire oublier le filtre du cadrage, à plonger dans le désordre, à recomposer la profondeur.

Le compte-rendu méticuleux de chaque degré du désordre apparent, construit comme un diorama, laisse le regardeur à l’initiative de rester en surface du motif ou d’entrer dans ses profondeurs…

François nolorgues suggère un exercice du regard, laisse libre cours à l’imagination et à la subjectivité du spectateur.